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L’Aven et Moruroa e tatou s’indignent du rejet de la proposition de mission d’information sur les conséquences environnementales des essais nucléaires en Polynésie par la droite sénatoriale au prétexte que la question avait été traité dans le cadre du débat sur la loi Morin !
En effet, les sénateurs de gauche avaient déposé trois amendements pour l’intégration des conséquences environnementales aux missions de la commission de suivi prévue par la loi. Le sénateur Cléach, rapporteur, avait balayé ces amendements prétextant que ce « suivi ne relevait pas de la compétence de la Commission », propos appuyés par le ministre lui-même, ajoutant qu’on avait déjà assez dépensé pour cela !
Nos deux associations rappellent aux autorités de la France que les Polynésiens et les Algériens du Sahara ont droit à vivre dans un environnement équilibré et respectueux de leur santé, comme il est inscrit dans la charte de l’environnement annexée à la Constitution de la République française depuis le 1er mars 2005. Refuser de vérifier que tel est bien le cas au Sahara et en Polynésie en rejetant le principe d’une mission d’information parlementaire sur le sujet constitue un mépris du droit et un reniement de toutes les proclamations de transparence urbi et orbi du ministère de la défense.
Après maints rapports et reportages télévisés, aucun citoyen français ne peut ignorer l’état scandaleux dans lequel les anciens sites d’essais nucléaires sahariens de Reggane, Hammoudia et In Eker ont été abandonnés en 1966. En Polynésie, les atolls de Moruroa et de Fangataufa restent intouchables à l’abri de leur statut militaire. Cependant, les quelques informations officielles arrachées aux autorités militaires démontrent que ces deux atolls sont des poubelles de déchets radioactifs. Depuis 1966, des tonnes de matériaux contaminés ont été rejetés à l’océan et d’autres ont été précipités dans le haut de 25 puits de tirs souterrains dont les sommets baignent aujourd’hui dans les eaux du lagon de Moruroa.
Quel citoyen français de métropole accepterait qu’on agisse de même au large des magnifiques plages de l’Hexagone ? Les lois de la République en matière de gestion des déchets radioactifs peuvent-elles être bafouées au prétexte que Moruroa et Fangataufa se trouvent à 20 000 km de Paris ? Le ministère de la défense qui gère encore ces deux atolls est-il au-dessus des lois ?
Aujourd’hui encore, les Polynésiens s’entendent répéter, par les plus hautes personnalités, les stupidités des artisans des « essais propres » déclarant sans pudeur qu’il y a moins de radioactivité à Moruroa qu’en Bretagne ! Serait-ce donc une « vérité à croire » comme un article de foi ? Les Polynésiens en ont assez du système d’autocontrôle que ceux-là même qui ont fait les essais – Commissariat à l’énergie atomique et Armées - utilisent pour verrouiller toute expertise indépendante.
Nos associations Moruroa e tatou et Aven dénoncent ce nouveau refus d’une mission parlementaire d’information sur les conséquences environnementales des essais nucléaires, proposée, de plus, par un sénateur de la Polynésie française, M. Richard Tuheiava. Nous appelons les nombreux parlementaires de tous bords politiques qui se sont trouvés à nos côtés, à poursuivre inlassablement la recherche de la vérité sur l’ensemble des conséquences des essais nucléaires. Nous ne nous laisserons pas charmer par les sirènes d’une loi qui reste encore à appliquer pour toutes les victimes algériennes, polynésiennes et de métropole. Les liasses d’euros des indemnisations promises ne nous fermeront pas la bouche !
Note : Voir aussi en pièce jointe le Communiqué de l’Aven diffusé le 15 novembre 2009
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