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Ce site a pour objectifs : d'informer nos populations jeunes ou moins jeunes sur l'histoire du nucléaire dans notre pays, de rechercher la vérité et de rétablir la justice vis à vis de nos victimes des essais nucléaires français. Suite à plus de trente ans de silence et de mépris, face à la longue agonie des anciens travailleurs et à la contamination de notre peuple et de sa terre, nous ne pouvions rester les yeux fermés et rester passifs devant un danger impalpable, inodore et invisible lequel menace nos vies pour des milliers d'années encore. 

Combien d'entre nous, d'hier et d'aujourd'hui se sont posés des questions sur les conséquences de ces essais sans avoir de réponses fiables et sincères de la part de l'Etat français ? Nous avons le devoir de nous intéresser à cette douloureuse période, en mémoire de nos anciens travailleurs de Moruroa et Fangataufa et pour l'avenir de nos enfants.

Aujourd'hui, grâce à "moruroaetatou.pf", nos aînés, nos enfants et nous, avons enfin l'occasion de savoir et de comprendre. 

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Jeudi, 09 Sep 2010
Erreurs de lecture de M. Jurien de la Gravière sur les retombées radioactives PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Moruroa e tatou   
Lundi, 21 Décembre 2009 23:39

M. Bruno Barillot, délégué au suivi des conséquences des essais nucléaires et secrétaire du Coscen nous fait part de son point de vue à propos des "erreurs de lecture" sur les retombées radioactives invoquées par M. Jurien de la Gravière dans la presse de ce lundi 21 décembre 2009.

A propos du plutonium !

Après 40 ans de débats sur les essais nucléaires, chacun sait en Polynésie que le plutonium est une des matières premières - dites « matières fissiles » - de la bombe. Or tous les experts confirment que sur les quelque 5 kg de plutonium que contient une bombe, seuls 10 % sont « consommés » par la réaction nucléaire et tout le reste, pulvérisé, est dispersé dans l’environnement. Les plus grosses particules retombent à la verticale de l’explosion, donc, respectivement dans les lagons en face des blockhaus Denise et Dindon à Moruroa et Frégate à Fangataufa. Quant aux très fines poussières de plutonium, elles sont emportées dans le nuage radioactif et font partie, avec d’autres éléments radioactifs, de ce que l’on appelle les « retombées ».

Le 18 décembre, le Coscen a remis à la délégation ministérielle un rapport ayant pour objet d’attirer l’attention sur les retombées radioactives qui, du temps des essais aériens, ont affecté toutes les îles de la Polynésie et bien au-delà. Ces retombées contenaient des fines particules de plutonium et contaminaient l’atmosphère avant de retomber sur les sols.

Pourquoi parler aujourd’hui du plutonium ?

D’abord pour rétablir une première vérité. En effet, la communication officielle – tant du CEA que du ministère de la Défense – occulte complètement cette dispersion de plutonium, temporairement dans l’atmosphère, puis dans les sols de la Polynésie. Par contre, officiellement, on reconnaît quand même qu’il reste du plutonium sur le platier de Moruroa et dans les lagons des deux atolls nucléaires… sauf que M. Jurien de la Gravière vient d’affirmer le contraire aux journalistes en visite à Moruroa, ce 20 décembre, disant qu’« il n’y a plus de traces de radioactivité » !

Seconde vérité. Le discours des « essais propres » est-il toujours d’actualité ? Parler de plutonium dans l’atmosphère au temps des essais aériens serait une « erreur colossale », selon M. Jurien de la Gravière ! Aux Etats-Unis, les instances gouvernementales ont publié depuis longtemps la cartographie des retombées du plutonium et de son marqueur l’américium  provenant des essais aériens du Nevada sur toute la côte ouest depuis le Mexique jusqu’au Canada. Ces faits indéniables, reconnus par les Américains, ne seraient-ils que « foutaise » pour les experts officiels français ?

Troisième vérité. Plus que d’autres éléments radioactifs transportés par les vents, le plutonium est un produit très toxique et la voie la plus dangereuse est l’inhalation. Dans un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, le député Claude Birraux écrit à propos du plutonium : « Il peut être approché sans grand risque même à courte distance mais est extrêmement nocif s’il pénètre dans l’organisme par ingestion, blessure ou inhalation… s’il pénètre dans l’organisme, le plutonium 239 est une substance cancérigène très dangereuse, du fait de ses propriétés chimiques, qui peut être à l’origine de cancers du poumon ou de l’os chez l’homme. »

Quatrième vérité. Parlant du plutonium, nous sommes au cœur de la loi Morin. Si la France veut faire acte de « reconnaissance », il faut que ce soit en toute transparence. Plus que jamais, les archives, notamment de la période des essais aériens, doivent être ouvertes à tous les citoyens, comme c’est le cas aux Etats-Unis depuis 1993. Quant aux cancers et autres maladies, nul ne prétend que les essais nucléaires – et le plutonium - sont à l’origine de tous les maux, mais toutes les expertises et contre expertises qu’on nous promet ne convaincront personne. La loi Morin doit être un compromis politique s’appuyant sur le principe de présomption de lien entre une liste de maladies et les essais nucléaires. Les Polynésiens en attendent l’application.

Bruno Barillot

 

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