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Le 13 février, la France célèbre le cinquantième anniversaire de son accession au club des puissances nucléaires militaires. En Algérie, c’est amertume : « Cinquante années après, la France ne s’inquiète guère de ses actes contre le peuple algérien 132 ans durant, écrit Ammar Mansouri, un chercheur algérien. Les essais et explosions nucléaires font partie des divers et multiples crimes commis contre notre peuple qui a refusé la domination coloniale. La France continue à faire la sourde oreille aux revendications légitimes des victimes de ses essais nucléaires dont le nombre ne fait qu’augmenter et dont une partie disparaît chaque année dans l’anonymat. »
Aujourd’hui, aucune information officielle n’est donnée par la France sur le nombre de personnels militaires et civils, français et algériens, qui ont été envoyés sur les deux sites d’essais du Sahara. Comme pour les 193 essais à Moruroa et Fangataufa, les autorités françaises ont toujours minimisé les conséquences sanitaires et environnementales des 17 essais réalisés au Sahara. Les habitants de la palmeraie de Reggane, située à 40 km du point zéro de l’explosion Gerboise bleue du 13 février 1960, n’ont bénéficié d’aucune protection particulière : aucun abri, aucune véritable mise en garde, tant ce jour-là que dans les années qui suivirent et même jusqu’à aujourd’hui… A l’image de notre Pacifique constellé de centaines d’îles et d’atoll, l’immense désert de sable est parsemé de verdoyantes palmeraies habitées et cultivées avec amour ; à l’image de notre Pacifique sillonné par toutes sortes de navires, le désert a ses voyageurs et ses caravanes… Près de 40 000 sédentaires ou nomades du désert furent quasiment laissées dans l’ignorance des risques atomiques. Les « ferrailleurs » du désert sont allés récupérer toutes sortes de matériaux, véhicules et objets divers sur les lieux même des explosions, dispersant ainsi à travers tous les circuits artisanaux et commerciaux de ces régions des produits contaminés.
L’histoire fut aussi terrible pour ces jeunes soldats qui, heureux d’échapper aux combats de la guerre du nord de l’Algérie, ont été expédiés sans informations ni précautions aux maladies et à la mort retardée et programmée des radiations. Tout finit par s’apprendre, même ce qu’un Etat tient à verrouiller au plus secret de ses archives. Aujourd’hui, pour la première fois, la vérité éclate : au Sahara, lors de la bombe Gerboise verte du 25 avril 1961, la France prit ses propres enfants comme cobayes. Vingt minutes après l’explosion, près de deux cents fantassins, à pied, durent simuler une manœuvre de guerre pendant trois heures entre 3000 mètres et 600 mètres du point zéro, sous l’effrayant champignon. Tous ces hommes ont disparu, probablement quelques semaines ou quelques mois plus tard et aucun n’a pu témoigner. Il reste seulement le rapport militaire décrivant le déroulement de cette manœuvre au nom de code « Garigliano ». Rapport secret évidemment mais que les « hasards » des systèmes d’information viennent de mettre à la disposition du public.
Moruroa e tatou tient à exprimer son entière solidarité avec les victimes algériennes des essais nucléaires de la France en ce triste anniversaire du 13 février 1960. L’association et de nombreux experts internationaux seront présents à Alger du 22 au 25 février pour dénoncer les atteintes à la santé et à l’environnement de toutes ces expérimentations, soit 2415 dans le monde entre 1945 et 2009.
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