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Preuve par l’ADN Les vétérans néo-zélandais ont bien été irradiés.
Cinquante ans après leur participation aux essais nucléaires britanniques au-dessus de l’île Christmas dans le Pacifique central, les vétérans néo-zélandais ont bien été irradiés. C’est marqué dans les cellules de leur sang comme vient de le confirmer une récente publication scientifique internationale.
Fruit d’un très minutieux travail de recherche du Professeur Al Rowland, de l’Université Massey de Palmerston-North (Nouvelle-Zélande) et d’une collaboration avec l’équipe scientifique de l’Institut de cancérologie Gustave Roussy sous la direction du Professeur Claude Parmentier, cette étude qui a nécessité près de cinq ans d’analyses et de recherches montre clairement que les anomalies de l’ADN sont trois fois plus nombreuses chez les vétérans que dans un groupe apparié et du même âge non engagé dans les essais nucléaires. Par la publication de cette étude dans la dernière parution du Cytogenet Genome Research, les deux équipes de recherche voient leurs travaux validés par leurs pairs de la communauté scientifique internationale. Les chercheurs concluent que cette fréquence très élevée des anomalies chromosomiques chez les vétérans a pour origine leur exposition aux radiations nucléaires au cours des essais de Christmas en 1957-58. A plusieurs titres, les Polynésiens peuvent se montrer satisfaits des résultats de cette étude. Faut-il rappeler que le projet de collaboration scientifique franco-néo-zélandaise se concrétisa le 30 juin 2006 lors de la rencontre des professeurs Rowland et Parmentier qui furent tous deux invités au colloque de Papeete organisé sous la présidence de M. Oscar Temaru ? Faut-il rappeler aussi que le Professeur Parmentier, enseignant et praticien de l’hôpital Gustave Roussy a publié en 2005 une étude sur les anomalies chromosomiques de ses patientes polynésiennes atteintes de cancer de la thyroïde ? Il montrait que l’ADN des Polynésiennes présentaient trois fois plus d’anomalies que les malades de métropole. Faut-il rappeler que, depuis sa création en 2001, Moruroa e tatou est en relations avec le Professeur Rowland et que l’association avait demandé, en vain, aux différents gouvernements qui se sont succédés à Tahiti de faire réaliser une étude ADN sur les anciens travailleurs de Moruroa par le laboratoire néo-zélandais ? La confirmation de l’étude du Professeur Al Rowland sur les anomalies chromosomiques des vétérans ne pouvait tomber mieux. De son côté, le gouvernement britannique attendait cette publication pour débloquer 412 000 livres pour une étude ADN indépendante sur les vétérans britanniques. De notre côté, alors que le Parlement français vient, par une loi scandaleuse votée le 15 mai dernier, de déclarer « incommunicables » les archives des essais nucléaires, c’est désormais dans le sang et l’ADN des anciens travailleurs de Moruroa, des populations de nos îles et des vétérans que les scientifiques apporteront la preuve que les essais nucléaires français n’étaient pas « propres ». Le 4 avril 2008, à Tahiti, M. Jurien de la Gravière répétait aux membres du COSCEN qu’en l’état actuel des connaissances, « il n’existe pas de marqueur génétique spécifique permettant d’établir l’origine et la nature précise d’une contamination radioactive. » Aujourd’hui, le Délégué à la sûreté nucléaire de Défense devra tenir compte de cette nouvelle avancée scientifique et changer son discours négationniste sur l’innocuité des essais nucléaires français. Association Moruroa e tatou
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