Ce site a pour objectifs : d'informer nos populations jeunes ou moins jeunes sur l'histoire du nucléaire dans notre pays, de rechercher la vérité et de rétablir la justice vis à vis de nos victimes des essais nucléaires français. Suite à plus de trente ans de silence et de mépris, face à la longue agonie des anciens travailleurs et à la contamination de notre peuple et de sa terre, nous ne pouvions rester les yeux fermés et rester passifs devant un danger impalpable, inodore et invisible lequel menace nos vies pour des milliers d'années encore.
Combien d'entre nous, d'hier et d'aujourd'hui se sont posés des questions sur les conséquences de ces essais sans avoir de réponses fiables et sincères de la part de l'Etat français ? Nous avons le devoir de nous intéresser à cette douloureuse période, en mémoire de nos anciens travailleurs de Moruroa et Fangataufa et pour l'avenir de nos enfants.
Aujourd'hui, grâce à "moruroaetatou.pf", nos aînés, nos enfants et nous, avons enfin l'occasion de savoir et de comprendre.
Les essais aériens ont provoqué des nuages radioactifs et des retombées qui polluent l’atmosphère et la haute atmosphère et l’environnement terrestre et marin. Les essais souterrains provoquent également des pollutions des sous-sols des atolls pour des durées qui dépassent l’échelle humaine. Il y a eu également des « fuites » gazeuses de ces essais souterrains qui se sont échappées dans les lagons et l’atmosphère.
Un peu de physique nucléaire !
Aujourd’hui, les retombées des essais aériens sur les îles habitées voisines et sur l’ensemble de la Polynésie ont été lessivées par les pluies. La contamination s’est ainsi « diluée », mais une grande partie de la nocivité de ces retombées est aujourd’hui négligeable. Cela s’explique par la physique : les éléments radioactifs éjectés par l’explosion ont une « durée de vie » ou « période radioactive » parfois très courte, allant de quelques secondes à plusieurs jours. Ainsi l’iode radioactif a une durée de vie de 8 jours, c'est-à-dire que la moitié de la quantité éjectée est neutralisée au bout de 8 jours. Or l’iode radioactif, comme l’iode neutre, se fixe sur la thyroïde. Les physiciens disent qu’il faut compter dix périodes pour qu’un élément radioactif soit neutralisé.
Le problème se pose différemment pour d’autres éléments radioactifs éjectés par la bombe qui ont une durée de vie plus longue. Les plus nocifs sont le strontium et le césium radioactifs qui ont des durées de vie d’environ 30 ans et qui se comportent comme le calcium et le potassium, c'est-à-dire qu’ils sont absorbés par les os et les muscles dans la chaîne biologique.
Les mesures effectuées dans les sols à Mangareva, Tureia et Hao par la CRIIRAD montrent qu’on trouve encore des traces de strontium et de césium dans la profondeur des sols (à 30 ou 40 cm). Les pluies ont enfoncé dans les sols ces radioéléments, mais une grande partie a été entraînée par les eaux pluviales dans les lagons ou dans l’océan où ils se sont dilués.
Un inventaire de déchets encore très incomplet
Les sous-sols de Moruroa et de Fangataufa doivent être considérés comme des sites de stockages de déchets radioactifs. Chaque explosion souterraine a formé une zone souterraine où restent accumulés des kilos de matières radioactives qui n’ont pas été « consommées » lors de l’explosion et probablement des tonnes de roches contaminées par l’explosion autour de ce que les militaires appellent la « cavité de tir ».
Notons que pour un stockage de résidus radioactifs, les sous-sols des atolls ne sont certainement pas les mieux indiqués en raison de leur imprégnation d’eau. Il n’est jamais simple de trouver un lieu de stockage de déchets radioactifs, la plupart du temps en raison de l’opposition des populations locales. Mais la première condition exigée par les experts pour choisir un stockage de déchets radioactifs est l’absence d’humidité. On comprend donc qu’en faisant des essais souterrains à Moruroa et Fangataufa, la DIRCEN faisait fi du simple principe de précaution. Toutes les « pseudo-explications » scientifiques qui sont données par les « experts » des essais, présentant une cavité de tir souterraine entièrement « vitrifiée » et « piégeant la radioactivité », ne sont que de la propagande.
Des zones entières des platiers coralliens de Moruroa et de Fangataufa restent encore très contaminées à la suite d’expériences dites de « sécurité », mais aussi parce qu’on n’a pas pu les décontaminer entièrement après des essais aériens.
Les expériences de « sécurité » consistaient à vérifier la fiabilité des systèmes de verrouillage électroniques de la bombe. Une bombe nucléaire ne doit en effet exploser que si l’on déverrouille ces systèmes par un ordre précis et codé. On fit donc cinq expériences de sécurité à l’air libre à Moruroa sur les zones Colette et Vesta, à l’ouest du blockhaus de Denise. Une bombe était précipité sur le sol depuis une centaine de mètre de haut pour vérifier, en cas de crash de l’avion porteur, que la réaction en chaîne caractéristique d’une explosion nucléaire ne se produirait pas. Entre 1976 et 1989, le CEP fit également sept autres expériences de « sécurité » dans des puits creusés à cet effet.
Ces expériences ont ainsi dispersé sur le sol la « matière première de la bombe » (plutonium et uranium principalement). Il n’a jamais été possible de tout récupérer et même, des cyclones en 1981 et 1983 ont dispersé ces déchets au plutonium dans le lagon et sur tout l’atoll de Moruroa.
Des milliers de tonnes de déchets contaminés ont été produits à Moruroa, Fangataufa et Hao. Il s’agit de matériaux récupérés après la contamination des essais aériens (couches de sols enlevées, engins militaires exposés à l’explosion…), d’avions, moteurs d’avions et autres appareils contaminés lors des passages dans le nuage radioactif, de déchets dits « technologiques » (gants, combinaisons, masques, balais…) qui servaient à des opérations de décontamination. Sans compter les eaux servant à décontaminer les objets, combinaisons, personnels qui n’étaient pas conservées et déversées directement dans l’océan ou les lagons.
Lors de sa mission en Polynésie en mai 2006, le Délégué à la sûreté nucléaire de Défense a donné la destination de ces tonnes de déchets : trois zones océaniques : deux au large de Moruroa, une en face de la passe de Hao.
Ces déversements à l’océan sont, parait-il sans danger et sans risques pour l’avenir : c’est un « acte de foi aveugle » qu’on nous demande de faire. De plus, les déversements de déchets radioactifs dans l’océan ont été faits jusqu’au 18 novembre 1982. Les essais se sont poursuivis jusqu’en 1996 et ont également produit des déchets radioactifs. Les opérations de démantèlement à Moruroa et à Hao, postérieures à 1982 ont également produit des déchets contaminés. On ignore leur destination.
Les essais aériens ont provoqué des nuages radioactifs et des retombées qui polluent l’atmosphère et la haute atmosphère et l’environnement terrestre et marin. Les essais souterrains provoquent également des pollutions des sous-sols des atolls pour des durées qui dépassent l’échelle humaine. Il y a eu également des « fuites » gazeuses de ces essais souterrains qui se sont échappées dans les lagons et l’atmosphère.
Un peu de physique nucléaire !
Aujourd’hui, les retombées des essais aériens sur les îles habitées voisines et sur l’ensemble de la Polynésie ont été lessivées par les pluies. La contamination s’est ainsi « diluée », mais une grande partie de la nocivité de ces retombées est aujourd’hui négligeable. Cela s’explique par la physique : les éléments radioactifs éjectés par l’explosion ont une « durée de vie » ou « période radioactive » parfois très courte, allant de quelques secondes à plusieurs jours. Ainsi l’iode radioactif a une durée de vie de 8 jours, c'est-à-dire que la moitié de la quantité éjectée est neutralisée au bout de 8 jours. Or l’iode radioactif, comme l’iode neutre, se fixe sur la thyroïde. Les physiciens disent qu’il faut compter dix périodes pour qu’un élément radioactif soit neutralisé.
Le problème se pose différemment pour d’autres éléments radioactifs éjectés par la bombe qui ont une durée de vie plus longue. Les plus nocifs sont le strontium et le césium radioactifs qui ont des durées de vie d’environ 30 ans et qui se comportent comme le calcium et le potassium, c'est-à-dire qu’ils sont absorbés par les os et les muscles dans la chaîne biologique.
Les mesures effectuées dans les sols à Mangareva, Tureia et Hao par la CRIIRAD montrent qu’on trouve encore des traces de strontium et de césium dans la profondeur des sols (à 30 ou 40 cm). Les pluies ont enfoncé dans les sols ces radioéléments, mais une grande partie a été entraînée par les eaux pluviales dans les lagons ou dans l’océan où ils se sont dilués.