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Ce site a pour objectifs : d'informer nos populations jeunes ou moins jeunes sur l'histoire du nucléaire dans notre pays, de rechercher la vérité et de rétablir la justice vis à vis de nos victimes des essais nucléaires français. Suite à plus de trente ans de silence et de mépris, face à la longue agonie des anciens travailleurs et à la contamination de notre peuple et de sa terre, nous ne pouvions rester les yeux fermés et rester passifs devant un danger impalpable, inodore et invisible lequel menace nos vies pour des milliers d'années encore. 

Combien d'entre nous, d'hier et d'aujourd'hui se sont posés des questions sur les conséquences de ces essais sans avoir de réponses fiables et sincères de la part de l'Etat français ? Nous avons le devoir de nous intéresser à cette douloureuse période, en mémoire de nos anciens travailleurs de Moruroa et Fangataufa et pour l'avenir de nos enfants.

Aujourd'hui, grâce à "moruroaetatou.pf", nos aînés, nos enfants et nous, avons enfin l'occasion de savoir et de comprendre

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Jeudi, 09 Sep 2010
Le premier essai nucléaire aérien en Polynésie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Moruroa e tatou   
Dimanche, 25 Juin 2006 07:03

Le 2 juillet 1966 à Mangareva

Ce samedi 2 juillet 1966, la Polynésie française entrait dans l’ère nucléaire.  A 5 h 34, depuis son PC sur le navire amiral de la Force Alfa, le De Grasse, le général Thiry donne le signal « 10, 9, 8, 7, … feu ». C’est « l’heure H ».  La bombe Aldébaran explose depuis Dindon, à l’extrémité ouest de Moruroa. Sa puissance est de 28 kilotonnes, soit deux fois la puissance de la bombe d’Hiroshima.

Depuis le porte-avion Foch quelques élus Polynésiens invités regardent le champignon se déployer dans le ciel. Mais, autour de Moruroa, les vents tournent dans la mauvaise direction et le nuage radioactif part en pleine direction de l’Est, en direction des Gambier.

Depuis Mangareva, l’île principale des Gambier à 400 km de Moruroa, John Taroanui Doom qui sert d’interprète au ministre de la France d’Outre-Mer, le général Billotte accompagné de quelques élus polynésiens, s’étonne : « On s’attendait à voir un beau champignon, et nous avons vu un nuage tout effiloché ! »

A la tombée de la nuit, à Mangareva, depuis la station météo de Taku qui fait face à la direction de Moruroa, les techniciens militaires s’affolent : le nuage vient droit sur les Gambier et la radioactivité commence à dépasser largement les prévisions. Le général Thiry et la hiérarchie du « De Grasse » sont alertés. Le « grand patron » des essais décide d’envoyer un bâtiment spécialisé dans les mesures biologiques, « La Coquille ».

Le 3 juillet au matin, à Mangareva, le ministre et les « personnalités » ont été mis au courant de la situation. Mais le ministre aurait été trop bavard. Les rapports militaires « secrets » mentionnent la seule consigne qui doit être suivie : « le silence » ! Alors, ce matin du 3 juillet, l’hydravion « Catalina » approche du quai  de Rikitea et embarque les « officiels » pour Tahiti. Les 470 Mangaréviens resteront seuls dans leur univers contaminé. Le tama’ara’a prévu fut annulé.

Le 6 juillet, La Coquille entre dans le lagon des Gambier pour trois jours. Les marins et experts du Service Mixte de Contrôle Biologique (SMCB) se répandent sur Mangareva pour récolter des échantillons de végétaux et d’eau. Le médecin du bord, le Docteur Millon, note avec précision dans son rapport, retrouvé trente ans plus tard, les chiffres de la radioactivité des aliments des Mangareviens, salades, eau, légumes… La contamination de Mangaréva était, ce jour-là, plusieurs centaines de fois celle qu’on mesure aujourd’hui dans la zone interdite autour de Tchernobyl !

Le Docteur Millon et le pacha de « La Coquille » donnent leurs ordres à l’équipage : « Silence le plus absolu. Rassurez les locaux. Cependant si vous parlez de ce qui s’est passé, il y a 45 ans de prison à la clé. » Un conseil de médecin, cependant : « Quand vous serez à terre, ne buvez que du Fanta… Ne mangez que des boites fermées ».

 

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