Essais nucléaires : quelles vérités ! Imprimer
Écrit par Moruroa e tatou   
Mercredi, 23 Décembre 2009 12:54

Depuis des années, Moruroa e tatou, la Commission d’enquête de l’Assemblée de la Polynésie, le COSCEN dénonçaient les risques d’effondrement de certains pans extérieurs de l’atoll de Moruroa. « Phantasmes antinucléaires ! Dénigrement des experts militaires qui avaient pris toutes les précautions ! » accusaient les autorités de l’Etat.

Samedi 19 décembre, Moruroa e tatou déposait dans les mains de M. Jean-Paul Bodin, adjoint du ministre de la Défense, un rapport très précis, photos et graphiques à l’appui, intitulé « Moruroa : risques environnementaux et changements climatiques ». Encore une fois, il aura fallu que M. Jurien de la Gravière fasse une opération médiatique pour minimiser les révélations de Moruroa e tatou. « Une loupe de Moruroa risque bien de s’effondrer et de provoquer un petit tsunami… Ce n’est pas grave : on aura le temps de prévenir les gens de Tureia… Si la cavité d’un tir souterrain avec ses kilos de matières radioactives s’ouvre dans l’océan, c’est encore pas grave : l’océan diluera tout cela… Soyez rassurés, chers Polynésiens, nous surveillons. »

Moruroa e tatou s’indigne. Va-t-on encore accorder du crédit à ceux-là même qui du temps des essais aériens nous affirmaient que le nuage radioactif de la bombe retombait sur le Pacifique entre les Gambier et l’Amérique du Sud, à ceux qui affirmaient que les essais français étaient propres, à ceux qui disaient que les essais souterrains étaient parfaitement « contenus » dans la lave vitrifiée des profondeurs de Moruroa, à ceux qui nous ont fait avaler que, c’est peut-être vrai, les nuages des essais aériens avaient provoqué des retombées radioactives, mais seulement sur les Gambier, Tureia, Pukarua, Reao et la presqu’île de Tahiti.

Il n’est pas acceptable qu’aujourd’hui, on accepte encore les demi-vérités de ceux qui nous ont toujours menti. Car Moruroa e tatou le dit et le redit, que deviendra la « surveillance » des atolls de Moruroa et Fangataufa lorsque, d’ici 10, 20 ou 30 ans, ils seront partiellement submergés par la montée des eaux ? Moruroa e tatou le répète : pourquoi le CEP s’est-il affranchi de toutes les règles de gestion des déchets radioactifs. A Moruroa et Fangataufa, les lois françaises en matière de protection de l’environnement n’ont-elles plus cours ? Comment accepter qu’aujourd’hui, on nous assène tranquillement à la télévision qu’il n’y a plus de radioactivité à Moruroa, moins qu’à Tahiti et qu’en Bretagne, alors de déchets radioactifs jetés dans les sommets de 20 puits de tirs baignent dans les eaux du lagon de Moruroa ?

Au travers des médias, les représentants de ceux qui nous ont menti depuis 40 ans, se targuent de faire la « transparence », tout en détournant l’attention de leurs responsabilités au mépris de notre environnement et des risques qu’ils vont faire courir à des générations de Polynésiens.